burger
burger
burger
burger
FESTIVAL
BE ARIELLE F

SIMON SENN

05 Oct. ► 06 Oct.

Durée 1H

LE QUAI - STUDIO DE CRÉATION

Le plasticien et vidéaste Simon Senn expose dans une conférence digitale combien virtuel et réel ne s’opposent pas, et révèle l’intrication inattendue entre la technologie, la représentation, le genre et la loi.

« Chère Arielle F,
Je suis un artiste basé à Genève et je travaille actuellement sur un projet scénique où je vais utiliser une représentation tridimensionnelle de vous-même. J’ai acheté votre réplique digitale sur le site 3dscanstore.com pour 10 dollars et ma licence m’offre une quasi-totale liberté avec celle-ci. Je vous contacte car je trouve que vous devriez avoir votre mot à dire sur ce qu’il advient de votre double virtuel. Et aussi, je souhaiterais que vous ayez une rétribution financière en contrepartie de cette utilisation. Je serais heureux de pouvoir discuter de ces questions avec vous et j’aimerais organiser une rencontre ou un rdv téléphonique. Merci de me répondre dans les meilleurs délais. Meilleures salutations, Simon »

Simon Senn achète en ligne la réplique numérique d’un corps féminin, puis part à la rencontre de celle dont il incarnera le corps grâce à la réalité virtuelle. Il témoigne en scène de cette expérience troublante. Il cherche aussi à dialoguer avec le vendeur, avec un avocat, avec une psychologue, pour comprendre ce qu’il peut légalement faire faire à ce corps, pour questionner ce trouble, pour savoir s’il est atteint de la désormais attestée « dysmorphie Snapchat », cette maladie psychique qui fait vouloir se transformer soi-même pour ressembler à son image en ligne. Les spécialistes hésitent ; il semblerait que la loi et la psychologie n’aillent pas aussi vite que la réalité.

Texte d’Eric Vautrin, dramaturge du Théâtre Vidy-Lausanne